Cartes évènements
Qu'entends-tu quand des astres entrent en collision ? Ces cartes montrent les évènements que tu essaies de capter dans L'Écho d'Einstein.
Les ondes gravitationnelles
Avec le Télescope Einstein, nous mesurerons des ondes gravitationnelles produites lors de divers évènements cosmiques, comme ceux des cartes évènements du jeu L'Écho d'Einstein. Beaucoup de ces évènements sont sombres : ils n'émettent aucun rayonnement que nous pourrions mesurer avec des télescopes optiques. Nous ne pouvons peut-être pas voir ces phénomènes, mais nous pouvons les entendre grâce aux ondes gravitationnelles. Des évènements différents émettent des signaux d'ondes gravitationnelles différents, si bien qu'ils ne sonnent pas de la même façon. En écoutant attentivement, nous pouvons donc déterminer quel évènement s'est produit au loin.
Les cartes évènements
Tous ces signaux voyagent en permanence vers nous depuis divers évènements dans l'Univers. Avec le Télescope Einstein, nous pourrons écouter, étudier et comprendre une véritable symphonie de ces ondes gravitationnelles. Certains signaux sont toutefois plus faibles, et donc plus difficiles à mesurer que d'autres. C'est pourquoi il est important de rendre le Télescope Einstein aussi sensible que possible. Dans le jeu L'Écho d'Einstein, chaque évènement a donc un niveau, qui indique à quel point il est difficile de le détecter.
Distances et masses astronomiques
Toutes les sources de bruit (vibrations, bruit thermique, effets quantiques dans le laser) contribuent au niveau de bruit. Chaque amélioration que tu fais dans le jeu (avec les cartes composantes) correspond à un détecteur plus silencieux. Cela augmente le rapport signal sur bruit d'un évènement, ce qui permet de détecter des signaux émis à des distances de plus en plus grandes. Cette distance s'exprime en parsecs (pc), une unité de distance utilisée en astronomie qui correspond à environ trois années-lumière, soit 30 000 milliards de kilomètres (un 3 suivi de 13 zéros !). Pour la plupart des signaux que nous mesurerons avec le Télescope Einstein, il est plus pratique d'exprimer la distance en kilo (mille), méga (million) ou même giga (milliard) parsecs, notés kpc, Mpc ou Gpc.
Les objets qui fusionnent et produisent une onde gravitationnelle ont une masse que nous exprimons en masses solaires, avec le symbole « M☉ » pour la masse du Soleil. Le Soleil a donc une masse d'exactement 1 M☉.
Évènements de hautes et de basses fréquences
Le niveau de bruit à une fréquence donnée est bien sûr différent pour le détecteur hautes fréquences et le détecteur basses fréquences. Cela nous permet de détecter toute une série de signaux différents. Ainsi, les coalescences de systèmes très lourds seront plutôt détectées par le détecteur basses fréquences (cartes bleues), tandis que le signal de ringdown ne peut être mesuré que par le détecteur hautes fréquences (cartes rouges). Il est donc crucial que les deux détecteurs soient opérationnels ! Note que les détecteurs actuels ne peuvent pour l'instant détecter que des évènements de hautes fréquences.
Coalescence
Les seuls signaux que nous pouvons déjà écouter grâce aux ondes gravitationnelles sont les coalescences d'objets compacts : des trous noirs ou des étoiles à neutrons. Les étoiles à neutrons se forment lorsque des étoiles bien plus lourdes que le Soleil ont brûlé tout leur combustible à la fin de leur vie et implosent. Les étoiles à neutrons sont incroyablement petites par rapport à leur masse : plus que la masse du Soleil est concentrée dans une sphère de quelques kilomètres de rayon seulement ! Les trous noirs sont encore plus compacts : toute leur masse est comprimée en un seul point. La gravité autour d'un trou noir est si forte que rien ne peut s'en échapper, pas même la lumière ! Par leur gravité, les étoiles à neutrons et les trous noirs courbent très fortement l'espace-temps autour d'eux. Lorsque deux de ces objets se rencontrent et fusionnent, ils créent de grandes ondulations de l'espace-temps : des ondes gravitationnelles.
Le signal d'une coalescence de deux objets compacts a une forme très reconnaissable : une longue phase d'approche à basse fréquence, qui se termine par un « chirp » soudain. Cela reflète les trois phases de la coalescence. D'abord, les objets se rapprochent de plus en plus l'un de l'autre sur une orbite en spirale. Ensuite, ils fusionnent lors d'une collision chaotique pour former un trou noir plus grand, qui perd sa dernière énergie en vibrant encore un peu. La forme précise du signal nous renseigne sur les propriétés des deux objets compacts.
Supernova
Lorsqu'une étoile implose à la fin de sa vie, cela provoque une gigantesque explosion : une supernova. Ces explosions violentes émettent beaucoup de rayonnement électromagnétique, que nous pouvons observer avec des télescopes optiques lorsqu'elles se produisent relativement près de nous. Pourtant, nous pourrions en apprendre bien plus si nous pouvions aussi les écouter grâce aux ondes gravitationnelles. En effet, le mécanisme de l'explosion reste encore très incertain. Les étoiles qui tournent rapidement sur elles-mêmes peuvent par exemple utiliser une partie de leur énergie de rotation pour alimenter l'explosion. Cela produirait une onde gravitationnelle très intense, mais nous ne connaissons que peu d'étoiles qui tournent rapidement. D'autres étoiles doivent alimenter leur explosion grâce à l'énergie apportée par les neutrinos, ce qui ne produit qu'un faible signal d'ondes gravitationnelles.
Dans les deux cas, le signal d'une supernova est très différent de celui d'une coalescence. D'abord, le signal montre un bref pic lorsque le cœur de l'étoile s'effondre en quelques millièmes de seconde. Vient ensuite une courte période pendant laquelle l'onde de choc heurte les couches intermédiaires de l'étoile. Peu à peu, l'étoile à neutrons qui vient de se former se met à vibrer comme une cloche. À mesure que l'explosion progresse, l'étoile à neutrons se contracte, ce qui fait augmenter la fréquence. Tout ce processus ne dure que quelques secondes, mais l'onde de choc doit ensuite encore se frayer un chemin à travers les couches externes de l'étoile. C'est pourquoi nous ne verrons le rayonnement électromagnétique (la lumière) d'une supernova que quelques heures ou quelques jours après le signal d'ondes gravitationnelles.
Ondes continues
Tout objet compact qui n'est pas parfaitement sphérique et qui tourne sur son propre axe émet des ondes gravitationnelles. Malheureusement, la plupart des objets de notre Univers sont presque parfaitement sphériques, tournent trop lentement ou ne sont pas assez compacts pour émettre des ondes gravitationnelles détectables. Une étoile à neutrons, en revanche, peut tourner très rapidement si elle naît d'une étoile en rotation. De plus, la matière d'une étoile à neutrons est si dense qu'un grain de sable pèserait autant que la grande pyramide de Gizeh. Cela permet au Télescope Einstein de détecter d'infimes irrégularités, comme des montagnes de seulement 1 cm de haut. Sur Terre, nous entendons ce type d'onde gravitationnelle comme un signal continu, à la manière de la sirène d'une ambulance.
Ringdown
Juste après la fusion de deux trous noirs, le nouveau trou noir n'est pas encore à l'équilibre. Il possède donc un surplus d'énergie, qu'il émet sous forme d'ondes gravitationnelles en vibrant à des fréquences spécifiques. À mesure que le trou noir perd de l'énergie, l'intensité des ondes gravitationnelles diminue elle aussi. Nous entendons donc un signal monotone qui s'éteint peu à peu, comme un verre sur lequel on tapote une fois. Les physiciens théoriciens s'intéressent beaucoup au signal de ringdown, car il constitue un test puissant de la théorie de la relativité d'Einstein. Si nous parvenons à mesurer très précisément le signal de ringdown, nous pourrons vérifier si la théorie d'Einstein décrit parfaitement les trous noirs.
Fond stochastique
Les évènements cosmiques violents, comme les coalescences de trous noirs et les supernovas, émettent un signal clair et puissant. Mais l'Univers abrite aussi des systèmes moins puissants, qui émettent des ondes gravitationnelles plus discrètes. Ces signaux se remarquent moins, mais ils sont si nombreux qu'ensemble, ils forment un bruit de fond constant aux oreilles du Télescope Einstein. Mesurer ce fond peut nous apprendre quelque chose sur les toutes premières étoiles de l'Univers primitif, peu après le Big Bang.